Placé en garde à vue depuis lundi pour avoir tenu des propos jugés attentatoires à l’intégrité des autorités judiciaires nationales, l’animateur de radio Abdallah Abdou Hassane doit comparaitre ce mercredi devant le tribunal de Moroni. Il est aussi poursuivi pour incitation au désordre public dans une de ses récentes émissions.

Par Abdou Moustoifa

Ce mercredi 28 décembre, le directeur général de la radio Labaraka Fm, Abdallah Abdou Hassane alias Abdallah Agwa, doit comparaître devant  le tribunal de Moroni après trois jours de garde à vue. Il lui est reproché d’avoir tenu des propos «déplacés» à l’encontre du chef de l’Etat. L’animateur de radio aurait, dans une de ses émissions, critiqué le port par Azali Assoumani de certaines tenues vestimentaires traditionnellement réservées aux notables. Ce que conteste le procureur de la République. «Son arrestation n’a rien à voir avec cette histoire.

Abdallah Abdou Hassane fait l’objet d’une enquête pour outrage à magistrats et pour avoir incité la population au désordre public.  S’il est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés, il sera donc puni comme le stipulent bien les articles 247, 258 du code pénale», a fait savoir Omar Ben Ali.
Les avocats d’Abdallah Agwa disent ignorer jusqu’ici les raisons de l’interpellation de leur client. «Jusqu’à maintenant, nous ne savons toujours pas les motifs de sa détention et cela en dépit des procédures légales que mes collègues ont engagées», déplore Me Moudjahidi Abdoulbastoi. A l’en croire toujours, son client serait arrêté pour avoir commis un délit de presse. Pourtant, poursuit-il, un délit de presse n’aurait pas dû aboutir à une procédure d’arrestation, ni à une garde à vue.

Le Cnpa  n’est pas  encore saisi

Et d’ajouter :«En cas de flagrant délit, l’accusé doit être jugé dans les 24h qui suivent les actes ou au plus tard le lendemain, quitte même à organiser une audience ad hoc. Ce qui n’a pas été le cas de mon client». Il parle d’une violation des droits du prévenu. Pour le  porte-parole du Conseil national de la presse et de l’audiovisuel (Cnpa), Ali Moindjié, le métier de journaliste a certaines règles qui doivent être respectées. «Un journaliste doit être honnête et impartial», dit-il. Selon lui, même si le Cnpa  n’est pas encore saisi de ce dossier, il n’exclut pas de se réunir pour se pencher  sur cette affaire.

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