«Grâce à notre système de réseau informatique, le personnel technique peut connaitre les besoins au niveau de chaque île ou de nos sessions de vente. Il n’y a aucun doute, nous maitrisons la chaîne distribution des médicaments. Aujourd’hui, nous disposons d’un stock qui peut couvrir jusqu’en 2017. Cela veut dire qu’il n’y a de problèmes de médicaments par rapport à la liste Camuc».
Après trois années d’exercice continu, le ministre dit constater que la Camuc censée remédier à une situation a généré une nouvelle plus mauvaise que son prédécesseur la Pnac. Quel est votre constat à vous?
Aujourd’hui, nous disposons d’un stock qui peut couvrir jusqu’en 2017. Cela veut dire qu’il n’y a de problèmes de médicaments par rapport à la liste Camuc. La liste Camuc est prise en fonction de la liste nationale des médicaments essentiels. Chaque pays a sa liste des médicaments essentiels.
Nous nous sommes basés sur cette liste nationale pour faire notre liste. Je peux dire qu’aujourd’hui la liste Camuc est honorée à 100%. Nous ne manquons pas de produits produits. Tous les produits Camuc sont disponibles. Et nous sommes à niveau de 75 voir 80 pour cent par rapport à la liste nationale des médicaments essentiels.
Il peut, évidemment, y avoir de ruptures quelque part mais jamais partout. Ce n’est tout simplement pas possible car nous avons un système qui fait que les ruptures ne peuvent pas survenir par surprise, comme cela pouvait être le cas avec la Pnac.
Nous disposons d’un système de réseau informatique qui nous permet de savoir la disponibilité de médicaments dans l’ensemble des îles. Grâce à ce système, le personnel technique peut connaitre le besoin d’approvisionnement au niveau de chaque île ou par rapport à nos sessions de vente. Pour le système de distribution des médicaments, il n’y a pas de doute, nous maitrisons la chaîne.
Nous n’avons rien changé, la Camuc a les mêmes missions que la Pnac. Il y’a, certes, le fait qu’on ne produit plus de médicaments. Je rappelle, à ce propos, qu’avec la Pnac on ne produisait que 5 pour cent des médicaments. Sur plus de deux cent produits, on avait seulement une vingtaine de produits qui était conditionnés localement. Cela veut dire qu’il y avait des médicaments qu’on prenait en grosse quantité qu’on reconditionner et qu’on distribuer.
On parle de politique hasardeuse des prix…
Pour cela, il n’y a qu’à comparer les prix unitaires dans le catalogue de la Camuc et celui de la Pnac. Dans une note sortie en février 2014, vous verrez par rapport aux produits que les gens utilisent tous les jours pour les maladies non transmissibles. Cette note portait à la connaissance de la baisse des prix de dix produits pharmaceutiques. Un exemple : l’Amlodine comprimé 5mg, prescrit pour le traitement de la tension artérielle, était vendu à 60 francs, il est à 40 francs. Je peux citer d’autres cas.
Je ne crois donc pas qu’on puise parler de «prix hasardeux». Les prix pratiqués par la Camuc sont moins chers que ceux de la Pnac. Il est important de souligner qu’actuellement les nouvelles autorités douanières, taxent nos commandes de médicaments à hauteur de 11 pour cent, au même titre que les pharmacies privées, en parfaite contradiction avec la convention que la Camuc a signé avec le précédent gouvernement. Cela peut, à l’avenir, avoir des répercussions sur nos prix.
Nos confère de La Gazette des Comores ont rapporté dans leur édition du 15 novembre dernier que l’Agence française de développement serait actionnaire majoritaire au sein de la Centrale…
… Vous savez, le plus gros problème dans ce pays c’est que les gens n’aiment pas lire les documents. La Camuc est une structure à but non lucratif. Conformément à ses statuts, la centrale d’achat ne peut procurer à ses membres aucun profit.
De même, les bénéfices éventuels dégagés en fin d’exercice sont affectés à la constitution de réserves, à la création d’une caisse de stabilisation des prix des médicaments et à des investissements nécessaires à l’amélioration de la réalisation de la mission de la centrale d’achat. La France avait offert, par le biais du Projet d’appui au secteur de la santé aux Comores de l’Afd, une aide budgétaire de 750 millions de francs pour appuyer la mise en place effective de la nouvelle structure, dont 250 millions pour apurer les dettes de la Pnac et 500 millions pour constituer un fonds de roulement. Il s’agit d’une aide.
Je rappelle qu’il n’y a pas que les Comores qui ont opté pour la création d’une centrale d’achat de médicaments. En Afrique francophone, nous faisons partie de l’Acame, une association des centrales d’achats des médicamentes essentiels. Madagascar en fait partie. Ce système des centrales d’achat a été imaginé après l’échec des pharmacies nationales autonomes. D’où ce système associatif sur qui l’Etat garde, tout de même, un œil, étant représenté au sein du conseil d’administration.

