C’est demain, samedi, qu’aura lieu, dans la matinée à l’hôtel Retaj, l’élection d’un nouveau bureau du Mouvement des entreprises comoriennes (Modec). Mais, déjà, certains responsables du patronat dénoncent des «magouilles» du fait qu’un homme d’affaires,qui vient à peine de se voir délivrer sa carte de membre, se serait porté candidat à cette élection. Il aurait déjà enregistré sa société (Eau des Comores), spécialisée dans le dessalement de l’eau de mer.
Sa candidature n’est pas vue d’un très bon œil par ses pairs qui n’hésitent pas à la qualifier tout simplement de «mascarade.» La faute au statut régissant le Modec, jugé «trop laxiste.»
Faux, rétorque le bureau sortant. Pour Farahate Mahamoud, la présidente sortante, le Modec n’a pas à refuser un membre si ce dernier répond aux critères. «D’ailleurs, les textes en vigueur ont été validés par l’ensemble des entreprises du Modec. Maintenant, si le prochain bureau estime qu’il faut les revoir, c’est son choix.»
Le règlement intérieur du Modec stipule, en effet, que «la qualité de membre du Modec s’acquiert après avoir formulé une demande verbale ou écrite auprès du président du Modec, rempli le bulletin d’adhésion et la charte de bonne conduite.
Cette demande sera examinée par le bureau exécutif qui dispose d’un délai de huit jours pour se prononcer. Si la réponse est positive, le demandeur sera convoqué à venir payer sa cotisation annuelle et se verra ensuite attribuée sa carte de membre.»
En outre, le statut dit clairement que «le Modec est ouvert aux seules entreprises régulièrement constituées et enregistrées, exerçant sur le territoire des Comores.» Ce qui est le cas pour le patron de la société Eau des Comores, officiellement membre du Modec depuis le 30 septembre, soit le jour de la fermeture des candidatures.
Respect des textes
Pour Hamidou Mhoma, vice-président sortant du patronat comorien, aucun texte n’empêche un membre en règle au niveau des cotisations d’être candidat ou de voter. «Cependant, je peux comprendre la réaction de certains. Seulement, il faut nous en tenir aux textes et non au bon sens tout en sachant que la commission peut invalider une candidature en prenant soin de motiver son rejet.»
Le chapitre 4 du règlement intérieur sur les droits des membres dispose, entre autres, que «tous les membres du Modec jouissent des mêmes droits, à savoir : être éligible aux postes de responsabilité du Modec et participer à l’élection des responsables du Modec.»
Du côté de la commission ad hoc chargée d’organiser et de superviser les élections, on affirme que la cotisation et le respect du délai de dépôt de candidature sont respectés et il n’y a donc pas lieu de polémiquer ou de crier au scandale.
Défendre ses idées
Si Mahamoudou Ali Mohamed, patron de Cbe, est d’accord sur le fait que les textes n’ont pas été bafoués, il regrette toutefois que ces textes «permettent à de nouveaux venus de candidater à des postes du bureau exécutif. C’est malsain de diriger l’ensemble du patronat quand on est nouveau.» Il se dit «choqué» et affirme que «les anciens du Modec ont échoué tout comme l’équipe de Farahate Mahamoud.» Par conséquent, «il faudrait annuler les élections et revoir les textes.»
Initialement candidat, «par défaut, car il n’y avait aucun candidat, j’ai dû retirer ma candidature car je refuse de légitimer ce qui se passe.» Pour Mohamed Abdallah Irchadidine, celui par qui la polémique a éclaté, le mieux serait de postuler et défendre ses idées plutôt que de choisir la politique de la chaise vide.
Contrairement à Mahamoudou Ali Mohamed, il estime que l’équipe sortante a réussi. «J’aspire à poursuivre le chantier qu’elle a mis en place. Mon objectif est d’aider les patrons à faire du business et cette polémique n’aide aucunement le patronat comorien.» Pour la plupart des membres du Modec, cette «polémique n’a pas lieu d’être.»
Alwatwane des comores

