A cette occasion, le chef de la diplomatie comorienne a évoqué, entre autres, la participation du président Azali Assoumani au forum organisé par les Etats unis et qui avait réuni de nombreux hommes d’affaires américains avec comme objectif d’inciter ces derniers à venir investir en Afrique. Dans la capitale française, Moroni aurait, en outre, demandé l’abolition du visa Balladur, à l’origine de centaines de morts dans le bras de mer séparant les îles de Ndzuani et de Mayotte.
Au cours d’une conférence de presse samedi, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Mohamed Bacar Dossar, a dressé le bilan de son récent périple à l’étranger. D’abord à New York, où il accompagnait le chef de l’Etat à la soixante-onzième session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies et où la délégation comorienne a réitéré sa revendication historique, à savoir le retour de Mayotte dans son giron naturel. «Le discours du président de la République a été très clair sur le sujet. Il a fait valoir le droit international qui reconnait explicitement Mayotte comme partie intégrante des Comores», a-t-il déclaré.
Le chef de la diplomatie comorienne a aussi évoqué la participation du président Azali Assoumani au forum organisé par les Etats unis et qui avait réuni de nombreux hommes d’affaires américains avec comme objectif d’inciter ces derniers à venir investir en Afrique. A cette occasion, le chef de l’Etat comorien avait rencontré, notamment, son homologue sénégalais, mais aussi le vice-président de l’Angola et l’émir du Qatar.
Au sujet de la visite de travail que le chef de l’Etat vient d’effectuer en France à l’invitation du président français, François Hollande, Mohamed Bacar Dossar a indiqué que ce voyage avait plusieurs volets (diplomatique, économique, la diaspora, etc.).
«Mayotte, diplomatie, Economie, diaspora, etc.»
«La première question abordée a porté sur Mayotte mais nous avons, également, passé en revue la coopération bilatérale, les investissements, la sécurité et la lutte contre le terrorisme», a-t-il dit. A propos du différend territorial qui oppose les deux pays, «le président Azali a souligné que nous devrions aller vers une solution et rappelé la déclaration d’amitié signée par les présidents Hollande et Ikililou qui avait fait part de la disponibilité des deux pays à trouver une issue.»
Moroni aurait, en outre, demandé l’abolition du visa Balladur, qui empêche les Comoriens de se rendre dans l’île de Mayotte et qui est à l’origine de ces centaines de morts dans le bras de mer séparant Ndzuani de Mayotte. «Depuis son instauration, les Comoriens prennent des risques énormes. Alors qu’avant, les déplacements entre les îles se faisaient sans problème», a affirmé Mohamed Bacar Dossar.
A ses yeux, la position de Paris sur la question a «évolué dans la mesure où ils admettent que nous avons raison. Mais, la France n’arrive pas à se décider car elle est allée trop loin sur le sujet : du statut de collectivité territoriale de Mayotte à la départementalisation. Cependant, nous savons, tous, que le statut de département qui était celui de l’Algérie ne l’a pas empêchée d’accéder à l’indépendance.
C’est vrai, nous ne sommes pas encore parvenus à une conclusion. Mais, la France reconnait qu’il y a un problème et nous devons poursuivre les discussions. Une fois qu’elle aura admis le caractère comorien de Mayotte, nous allons passer à l’étape suivante, c’est-à-dire comment faire revenir l’île dans son giron.»
Par rapport à la coopération bilatérale, il a été convenu entre les deux parties qu’au-delà de l’excellente qualité des relations entre Moroni et Paris, il serait aussi utile de viser le multilatéral. «Aujourd’hui, la tendance, c’est la coopération multilatérale puisqu’elle concerne plusieurs pays», a-t-il dit. La délégation comorienne a surtout regretté que les investisseurs français soient si peu nombreux à s’installer aux Comores, et ce malgré le retour à la stabilité politique et institutionnelle, mais aussi les multiples opportunités qu’offre le pays dans divers domaines de développement.
«Viser le multilatéral»
A Paris, le chef de l’Etat a, enfin, rencontré l’Agence française de développement (Afd), le patronat français et la confédération générale des petites et moyennes entreprises. Au cours de toutes ces rencontres, il «a mis en avant les potentialités économiques des Comores, les avantages fiscaux et l’attractivité de l’archipel».
La délégation s’est, par ailleurs, entretenue avec la diaspora comorienne en France, notamment les cadres supérieurs et les entrepreneurs qui ont été encouragés à venir investir aux Comores. La deuxième rencontre avec la diaspora, composée majoritairement d’élus comoriens, avait porté sur la coopération décentralisée.
Alwatwan des Comores.

