Jacqueline Bassa-Mozzoni,
ambassadrice de France à Moroni,
plaide la liberté provisoire pour Sitti
Thourayat, assistante comptable
de la caisse de retraite, enfermée
à la maison d’arrêt de la capitale
depuis maintenant 7 mois.
Emotion ! Le s or t de la jeune
comédienne Sitti Thourayat attire un
nouveau regain élan de compassion.
Après les cris de cœur du collectif
« Justice pour Sitti », c’est au tour d’un partenaire des Comores de prendre son bâton de pèlerin. Lors de son discours à l’occasion de la célébration de la fête nationale française à Voidjiou, la diplomate,
les larmes aux yeux, a plaidé un procès « équitable » pour Sitti Thourayat, surtout que deux de ses collègues qui étaient détenues avec elle, ont bénéficié d’une liberté provisoire. Sitti Thourayat, la
malchanceuse, n’a pas bénéficié de cette faveur. Asthmatique, son état de santé inquiète plus d’un en plus des longs mois qu’elle passe derrière les barreaux. « J’ai une pensée particulière à cette jeune artiste
comorienne, talentueuse, gravement malade et qui est en train de mourir en prison dans des conditions effroyables », a confié la diplomate française, devant ses hôtes dont les ministres de la santé, de l’intérieur,
mais aussi et surtout le procureur de la république. Devant une foule scotchée à sa plaidoirie, l’ambassadrice poursuit.« Nous, tous
ensemble, artisans de la promotion des droits de l’homme, qui portons haut les valeurs universelles d’humanisme, demandons justice pour Sitti Thouraya afin qu’elle puisse bénéficier d’un procès
équitable et d’une liberté provisoire comme tous les autres prévenus dans cette affaire. Je fais confiance à la justice et au peuple comorien pour mettre rapidement fin au calvaire que traverse cette jeune femme ».
La justice refuse d’accorder une liberté provisoire à Sitti Thourayat, soupçonnée d’avoir vidé 18 millions de nos francs dans le coffre-fort de la Caisse de retraite. Les trois millions de caution qu’elle avait déposés n’ont pas réussi à convaincre les juges.
Ironie de l’histoire, ses collègues à savoir la directrice de la Caisse et la chef comptable sont relâchées après avoir payé la caution.
► VISIBLEMENT TOUCHÉ PAR
CE REFUS QUI TRADUIT DEUX
POIDS DEUX MESURES, LE
PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE
A AUSSITÔT FAIT APPEL POUR
SAUVER LA SOLDATE SITTI.
Plus d’un mois déjà, la chambre d’accusation n’a pas daigné siéger d’après un des avocats
de la prévenue, Me Bahassane Ahmed pour qui, désormais sa cliente n’est plus en détention provisoire mais plutôt en « séquestration ». D’aucuns pensent que Sitti Thourayat paie parce qu’elle n’est pas du sérail. C’est le cas du collectif « Justice pour Sitti » qui est allé jusqu’à écrire au chef de
l’Etat, en vain. Notons que la directrice de la Caisse n’est autre que la femme de Maoulana Charif, premier vice-président de l’assemblée nationale. Si elle a eu droit à une liberté provisoire, l’assistante comptable Sitti n’en démérite pas. Comme l’opinion
publique, Me Bahassane est convaincu de l’innocence de sa cliente. Entre temps, sa question de plus haute importance ne trouve toujours pas réponse : « Où est le
double de la clé » qui a servi à ouvrir le coffre-fort ?
Par Toufé Maecha

