Malgré les menaces américaines, une majorité de pays membres a voté en faveur d’une condamnation de la reconnaissance de la ville sainte comme capitale d’Israël.
Les menaces de sanctions financières de Washington n’auront pas réussi à totalement intimider à New York. Jeudi, les États-Unis ont dû faire face au rejet massif des pays membres de l’ONU. Lors de l’assemblée générale de l’organisation, une grande partie des pays membres ont condamné la reconnaissance par l’administration américaine de Jérusalem comme capitale d’Israël. Sur les 193 pays membres des Nations unies, 128 ont voté en faveur d’une résolution condamnant la décision annoncée le 6 décembre par Donald Trump sur Jérusalem, à rebours de la position américaine traditionnelle et du consensus de la communauté internationale.
À l’Assemblée générale de l’ONU, aucun pays n’a de droit de veto et les résolutions ne sont pas contraignantes. Par avance, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait rejeté l’issue du vote, qualifiant les Nations unies de « maison des mensonges ». Il s’est dit satisfait du résultat peu après le scrutin. « En Israël, nous rejetons cette décision de l’ONU et réagissons avec satisfaction face au nombre important de pays qui n’ont pas voté en faveur de cette décision », a affirmé le Premier ministre dans un communiqué de son bureau. « Nous remercions le président (américain) Donald Trump pour sa position claire et nette sur Jérusalem et remercions les pays qui ont voté ensemble avec Israël, ensemble avec la vérité », a-t-il ajouté.
« Aucune résolution de l’Assemblée générale ne nous chassera de Jérusalem », a déclaré l’ambassadeur d’Israël Danny Danon au pupitre de l’ONU. En réponse à la menace de Nikki Haley de « noter les noms » de ceux qui ont voté la résolution, le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki a estimé que « l’Histoire note les noms » de « ceux qui défendent ce qui est juste » et de « ceux qui mentent ».
Les pressions exercées
Le texte affirme que toute décision sur le statut de Jérusalem « n’a pas de force légale, est nulle et non avenue et doit être révoquée ». Il souligne que la question de Jérusalem doit faire partie d’un accord de paix final entre Israéliens et Palestiniens. La victoire symbolique de jeudi « réaffirme que la juste cause des Palestiniens bénéficie du soutien du droit international », a réagi le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, qui espère ainsi maximiser son poids lors d’une éventuelle reprise du processus de paix. À l’approche du scrutin, Washington a multiplié menaces et pressions. Tweet, e-mail, lettre… tout a été utilisé pour tenter d’empêcher un nouveau revers, mais ces avertissements ont sidéré nombre de diplomates onusiens.
« Ce n’est pas comme ça que ça marche, on vote sur des principes », confie un ambassadeur asiatique. « On ne peut pas voter A pendant des années et voter soudainement B », renchérit un homologue d’Amérique latine. Résultat de ces pressions ? De nombreux pays se sont finalement abstenus, dont le Canada, le Mexique, l’Argentine, mais aussi, signe de la difficulté de l’Union européenne à définir une position commune, la Pologne, la Hongrie ou la République tchèque. Alliée des États-Unis, la Turquie fait en revanche partie des opposants les plus virulents à la position américaine. Son président, Recep Tayyip Erdogan, avait exhorté jeudi depuis Ankara la communauté internationale à ne pas se « vendre » pour « une poignée de dollars » face aux menaces de Donald Trump de couper des aides financières.
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Israël a annexé la partie orientale de Jérusalem, dont elle a pris le contrôle pendant la guerre de 1967, puis voté une loi faisant de la ville sainte sa capitale « indivisible ». Cette annexion n’a jamais été reconnue par la communauté internationale et les Palestiniens considèrent Jérusalem-Est comme la capitale de leur futur État.
Source AFP.

