«Il y a toujours eu des sanctions prononcées contre un gendarme qui a commis une anomalie. Nos archives sont là et il y a eu beaucoup de gendarmes qui ont été traduits devant le conseil d’enquête, exclus ou subis une autre forme de sanction car celle-ci est en fonction de la bavure commise», dixit le commandant de la gendarmerie nationale.
Propos recueillis par Mariata Moussa
Une vidéo où l’on voit un lycéen se faire tabasser par des éléments du Peloton d’intervention de la gendarmerie nationale (Pign) tourne en boucle sur les réseaux sociaux. Quelle est votre réaction suite au comportement de vos hommes?
Nous avons décidé d’arrêter ces militaires et de les sanctionner car ils ont mal agi. Après les avoir entendu, ces six gendarmes soutiennent qu’un des leurs a reçu des coups de la part des manifestants. Et même si c’était le cas, ils n’auraient pas du se faire justice. Il y a des instances administratives et judiciaires qui s’occupent de ces cas. Au regard de tout ce qui s’est passé, nous avons décidé de les punir et un conseil d’enquête, composé de militaires désignés par l’Etat-major, sera bientôt convoqué. A l’issue de ce conseil, nous allons savoir ce qui s’est réellement passé et leur appliquer la sanction appropriée.
Qui a donné l’ordre de déployer les Pign au lycée et quelle a été le but de leur mission?
Tout d’abord, ces élèves ont été manipulés par leurs enseignants, accusés d’avoir commis une fraude à l’électricité. Les responsables de l’établissement, au lieu de se concerter avec la direction de Ma-mwe pour trouver une solution, sont allés jouer sur le moral des élèves, leur faire comprendre que l’électricité était coupée et qu’ils n’auraient ni courant électrique ni accès à internet.
Les élèves ont aussitôt commencé à manifester, à ériger des barricades partout et paralyser la circulation. Nous avons appris qu’il y avait une manifestation et que les manifestants avaient pris en otage le bâtiment de la vice-présidence chargée du ministère de l’Energie. Suite à cette information, nous avons déployé le Pign pour sécuriser les personnes qui travaillent sur les lieux ; c’était le but de leur mission.
Que risquent ces éléments du Pign coupables de ces brutalités ?
Ils seront sanctionnés et ce rôle reviendra au conseil d’enquête. En attendant la convocation de ce conseil d’enquête, nous avons pris la mesure de les arrêter et de les encelluler au camp d’Escadron de M’dé.
La sanction disciplinaire qu’ils encourent peut aller jusqu’à 40 jours de détention et cela sans compter la sanction qui interviendra suite aux conclusions du conseil de discipline.
A plusieurs reprises, les gendarmes ont été formés sur les principes de base en matière de respect des droits de l’homme, comment se fait-il que ces bavures reviennent souvent ?
L’erreur est humaine ; ce sont des choses qui arrivent, malgré le nombre de formations qu’ils ont suivi, car ils sont tous formés. Ces gendarmes sont formés pour mieux respecter les principes des droits humains. Ils ont également reçu une autre formation pour protéger l’être humain, en cas de manifestation ou de conflit ; le militaire a le devoir dans ces cas de protéger les blessés.
Lors de ces échauffourées, les gendarmes disent avoir été pris pour cibles. Tenant compte de la formation qu’ils ont suivie, nous allons absolument les sanctionner car ils ont été formés pour respecter les droits humains et surtout ne pas perdre le contrôle face aux situations tendues.
Des cas similaires reviennent souvent et les gendarmes ne sont jamais punis, pourquoi cette fois, cela ne sera pas pareil ?
Il y a toujours eu des sanctions prononcées contre un gendarme qui a commis une anomalie. Nos archives sont là et il y a eu beaucoup de gendarmes qui ont été traduits devant le conseil d’enquête, exclus ou subis une autre forme de sanction car celle-ci est en fonction de la bavure commise. Si ces éléments du Pign font objet d’une plainte et qu’ils sont poursuivis devant le tribunal de droit commun, la peine d’emprisonnement n’aurait rien à voir avec la sanction disciplinaire que nous leur ferions subir. Les échauffourées du lundi dernier a suscité l’indignation de tous car lors du passage à tabac, les gendarmes ont été filmés, avec les nouvelles technologies, cette vidéo a fait le tour du monde. Pour préserver la paix et renforcer la confiance de la population à l’égard des hommes en treillis, les auteurs de ce passage à tabac vont être punis et leur sanction sera connue.

