Les compagnies Ewa et Air Austral sont interdites de se poser sur le tarmac de Hahaya à partir de ce mardi 27 décembre. Ainsi en a décidé le gouvernement comorien après la décision de l’aviation civile française de refuser l’exploitation par Inter’Air Iles des lignes Dzaoudzi et Pierrefonds, évoquant des problèmes de sûreté à l’aéroport de Moroni.
Par Ali Abdou
Dans un courrier en date du 26 décembre, le directeur général des transports informe le directeur général de l’aviation civile française de la décision du gouvernement comorien de suspendre les vols des compagnies aériennes françaises, Ewa Air et Air Austral, à compter de ce mardi 27 décembre.
Dans sa lettre, Habas Ben Ali Ivessi se réfère à une précédente correspondance de l’aviation civile française, datée du 22 décembre, dans laquelle Paris justifie la non approbation du programme de vols d’Inter’Air Iles par un «cabotage» interdit par l’article 2.3 de l’accord aérien signé en août 2014 entre les gouvernements français et comorien. «Il m’est loisible de vous faire savoir que le programme de vols de Inter Île Air approuvé par mes soins ne fait pas référence à un cabotage.
Celui-ci est conforme à l’article 2.2 de l’accord aérien. Par ailleurs, vous évoquez qu’en raison de menace terroriste élevée, une mission d’évaluation des mesures de sûreté à l’aéroport de Moroni devra intervenir en janvier 2017. Je me vois donc contraint de suspendre les programmes de vols des compagnies Ewa Air et Air Austral à compter du 27 décembre dans l’attente des résultats de cette mission», lit-on dans cette missive du directeur général des transports.
A titre de rappel, le 24 novembre 2016, la compagnie Inter’Air Iles avait déposé auprès du système Saga de gestion des autorisations d’exploitation des services aériens un programme de vols réguliers à raison de cinq fréquences hebdomadaires entre Dzaoudzi et Moroni, et de deux vols hebdomadaires entre Moroni et Pierrefonds.
Ce programme devait être exploité au moyen d’un appareil de type Airbus A-320, affrété auprès de la compagnie sud-africaine Global Aviation.
Mais, dans un courrier du 22 décembre, l’aviation civile française a notifié la compagnie aérienne comorienne que «afin d’assurer un niveau de sécurité optimal dans un contexte mondial de menace terroriste élevé», une mission d’évaluation des mesures de sûreté en vigueur sur l’aéroport de Moroni allait être dépêchée en janvier aux Comores et que «le résultat de cette mission donnera, le cas échéant, des éléments objectifs sur les conditions dans lesquelles votre nouveau programme de vol pourrait être accepté.» Il faut dire que dans l’article 2.2 de l’accord aérien signé entre les gouvernements comorien et français, il est stipulé, au sujet de la route pouvant être exploitée par le ou les transporteurs aériens des Comores, qu’elle concerne«tous points dans le territoire de l’Union des Comores, via tous points intermédiaires, vers tous points dans le territoire métropolitain de la République française, et au-delà vers tous points». L’article 1.2 du même accord précise que cet itinéraire inclut «le territoire de la République française situé dans l’océan Indien, et au-delà vers tous points».

