A moins d’un mois des examens du premier semestre, les enseignants de l’Université des Comores viennent d’adresser un préavis de grève aux autorités nationales. Dès demain, ils observent un arrêt de travail de 72 heures.
Par Abdou Moustoifa
Les enseignants de l’Université des Comores comptent observer un arrêt de travail de 72 heures à partir de demain, jeudi 15 décembre. Dans un bref entretien hier avec Al-watwan, Hassane Youssouf, Mohamed Moumini et Youssouf Soidiki, respectivement secrétaire général, secrétaire général adjoint et contrôleur général du Syndicat des enseignants de l’université, menacent de prolonger cette grève si d’ici samedi leurs doléances ne sont pas satisfaites. Selon eux, ces doléances portent sur plusieurs points, notamment l’absence d’une ligne budgétaire dédiée à la recherche universitaire, la question de la retraite et le manque de ressources complémentaires pour compenser la baisse des droits d’inscription.
Les deux premiers points ont été amplement débattus lors de la dernière assemblée générale du syndicat, le 22 octobre. Les enseignants déplorent le fait que la présidence de l’Udc affiche jusqu’ici une certaine indifférence par rapport à toutes leurs revendications.
«Le sureffectif des étudiants et le manque de préparation pour la rentrée font partie des problèmes que nous avons soulevés, mais la situation est restée toujours la même», regrette le contrôleur général, Youssouf Soidiki. Et d’ajouter: «Avant la baisse des droits d’inscription, nous avions des difficultés énormes de trésorerie. Aujourd’hui, la réduction de ces droits,accompagnée de l’absence d’une volonté des autorités de trouver une solution, nous inquiète beaucoup. Raison pour laquelle nous avons décidé de nous mettre en grève».
Sur la question des retards de paiement, la situation serait encore plus grave. «Depuis l’arrivée des nouvelles autorités, à chaque paiement, il faut que nous réclamions nos salaires ou attendre jusqu’au milieu du mois ; ce qui est inacceptable», dénonce, à son tour, le secrétaire générale adjoint.
Ce préavis de grève dans l’enseignement supérieur met le ministère de l’Education nationale en ébullition. Il y a à peine une semaine, les enseignants du primaire et du secondaire avaient enclenché, eux aussi, un arrêt de travail de 72 heures. Si l’on en croit le secrétaire général, Hassane Youssouf, cette fois, aucune concession n’est possible. «Nous mettrons fin à notre grève une fois que nous aurons trouvé un terrain», a-t-il insisté.

