Résilié. Alors qu’une partie  des groupes thermiques était attendue à Moroni le samedi 22 octobre, nous venons d’apprendre que le contrat qui liait le gouvernement comorien à la société Salama International Trading Fze a été dénoncé et résilié six jours auparavant, soit le 16 octobre. Dix groupes d’une capacité de 25 000 Kva et d’un montant de 10 485 000 euros  étaient attendus dans un délai total de trois mois par le gouvernement comorien. Près de deux mois et demi après la signature du contrat, le gouvernement comorien n’a réceptionné aucun groupe.

C’est officiel : le vice-président chargé de l’Energie vient de résilier le contrat relatif à la construction d’une nouvelle centrale électrique d’une capacité de 25 000 Kva. Ce contrat, signé le 19 août dernier avec la société  Salam International Trading Company, devait permettre de sortir le pays du cercle infernal des délestages et de stabiliser la fourniture de l’électricité sur l’ensemble du pays.

Dans un courrier en date du 16 octobre dont Al-watwan s’est procuré une copie, le vice-président Djaffar Ahmed Said informe, en effet, Ally Saleh Balhabou de la décision du gouvernement de mettre fin à la transaction pour non respect de certaines clauses.

«Il est stipulé dans le contrat que la société Salama International s’oblige à expédier 5 générateurs immédiatement après la date de signature du contrat », lit-on dans cette lettre. Ce que, aux yeux du pouvoir, la société Salama n’a manifestement pas respecté. A ce jour, seuls «2 des 10 groupes électrogènes (prévus) ont été embarqués par bateau au port d’Istanbul (en Turquie, Ndlr) le 04 octobre 2016 pour être débarqués à Moroni le 12 novembre 2016», nous apprend le même courrier.

Le vice-président en charge de l’Energie précise, dans sa correspondance,  que le gouvernement «bien que n’étant pas obligé de le faire, ne prendra livraison que des 2 groupes expédiés de la Turquie et partant, de refuser de recevoir les 8 autres restants.»

Zones d’ombres

Selon Djaffar Ahmed Said, Salama s’était engagé à faire venir les groupes par avion pour pallier à la crise d’énergie qui frappe actuellement le pays. Ce détail n’est cependant pas mentionné dans le courrier adressé à Ally Saleh Balhabou. Dans un entretien qu’il a accordé avant-hier à Al-watwan, il a précisé  avoir envoyé un émissaire en Turquie. Celui-ci lui aurait fait comprendre que « la centrale ne serait pas disponible avant un an.» C’est pour toutes ces zones d’ombres que le contrat a été annulé.

A la question de savoir si le gouvernement avait déjà versé un acompte, il répondra : «Aucune somme n’a été versée». «Il a été convenu de ne commencer à payer qu’au bout de  six mois», a-t-il fait savoir. Il se défend de n’avoir pas été «grugé». « C’est nous qui avons dénoncé le contrat», insistera-t-il.

Une procédure d’appel d’offres n’aurait-elle pas permis d’éviter cette déconvenue ? «Nous sommes protégés par le fait que n’ayons pas versé de l’argent à la société», dit-il. Il a tout de même annoncé que pour  l’acquisition de nouveaux moteurs avec d’autres fournisseurs, « un appel d’offres sera lancé.»

Par Faïza Soulé Youssouf

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