Le cabinet Soidiki Multiconseils a la difficile tâche d’«indiquer le montant supposé avoir été perçu par les inculpés (dans l’affaire de surfacturations à Comores Télécom) et déterminer les modes opératoires utilisés» lors de la commission de l’infraction.

Par Mariata Moussa

Le juge d’instruction chargé du dossier relatif au détournement du don d’équipements destiné aux agriculteurs, en même temps chargé de l’affaire de surfacturation des pylônes à Comores Télécom, a émis deux ordonnances de commission d’experts dans le but d’aider à la manifestation de la vérité. Le magistrat instructeur a désigné Ibg Consulting, représenté par Joseph Jean Christian Gourana, pour accomplir cette mission.

Il a jusqu’au 25 novembre pour communiquer les conclusions de son expertise. Sur le dossier lié à la surfacturation, c’est le cabinet Soidiki Multiconseils qui a été retenu pour effectuer la mission de «déterminer le montant exact détourné au préjudice de Comores Télécom et Snpsf». Soidiki Multiconseils a aussi la difficile tâche d’«indiquer le montant supposé avoir été perçu par les inculpés et déterminer les modes opératoires utilisés» lors de la commission de l’infraction.

Ibg Consulting doit, lui, «déterminer s’il y a eu détournement de matériaux destinés au ministère de la Production, de définir la qualité des objets supposés avoir été détournés et leurs valeurs exactes et, enfin, déterminer les modes opératoires utilisés.»

Au-delà de cette mission, le juge demande également à Ibg Consulting de «situer les responsabilités de chaque auteur présumé et de donner toutes les conclusions utiles à la manifestation de la vérité.» Selon cette ordonnance du juge, cette commission d’experts a été décidée pour plusieurs raisons. «Il existe plusieurs décharges avec différentes signatures. Il n’y a aucun élément du dossier qui démontre la quantité des objets censés avoir été détournés ainsi que leurs valeurs», explique-t-on.

Cette  affaire de détournement de don d’équipements destinés aux agriculteurs concerne deux personnes, Saïd Youssouf Mohamed, l’ancien secrétaire général du ministère de la Production, et Mohamed  Abdou Moissuli, gardien de l’entrepôt où a été stocké ces matériaux. Inculpés pour détournement de deniers publics, faux et usage de faux et abus de confiance et placés en détention provisoire le 6 août dernier, l’ancien membre de la commission anti-corruption a recouvré la liberté le 18 octobre suite à une décision de la chambre d’accusation.

Ce don de matériaux était composé, entre autres, de groupes électrogènes, d’ordinateurs portables et de bureau, de scanners, d’imprimantes, de motos, de pièces de rechange et de Gps (Global positioning system). Selon l’avocat du ministère et auteur de la plainte, il a été constaté qu’après le changement intervenu dans le département, ce don n’était pas au complet.

«Nous avons constaté qu’il y avait trois cartons de scanner au lieu de cinq, quatre unités centrales au lieu de trente-trois, trois imprimantes au lieu de trente-trois, deux écrans d’ordinateur au lieu de trente-trois et deux groupes électrogènes au lieu de quatorze», avait précisé l’avocat du ministère de l’Agriculture.

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