L’exécutif de l’île de Ngazidja, notamment l’équipe des commissaires, est sous les projecteurs pour des questions diverses relatives à la gestion de l’île dont la motion de censure votée par les conseillers de Ngazidja. Autant de questions qui demandent des éclaircissements et auxquelles sa porte-parole, Madame Maissara Adam, accepte d’apporter des réponses. Entretien avec Al-watwan.

Propos recueillis par Ali Abdou

L’exécutif de Ngazidja dit ne pas reconnaitre la motion de censure votée par les conseillers. Cette attitude ne risque-t-elle pas de plonger l’île dans un nouveau bras de fer inutile ?

Une chose est sûre :on ne connait jamais la fin d’une guerre. Cette question de motion de censure ne devrait pas être un bras de fer entre le conseil et l’exécutif de Ngazidja. Je persiste et signe que l’exécutif rejette cette motion de censure. Je suis consciente que le conseil est composé d’hommes de droit ; ils l’ont d’ailleurs démontré lorsque le gouverneur avait confié son intérim à son conseiller privé.

Aujourd’hui encore, il s’agit d’une question de droit : le conseil a voté mais nous nous opposons à cette motion puisque ses motifs ne tiennent pas. Après l’exposé des motifs, l’exécutif aurait du avoir le droit de s’expliquer, mais ce n’était pas le cas. Nous sommes sereins et exerçons nos fonctions respectives comme si de rien n’était.

Selon un conseiller de Ngazidja, le gouverneur Hassani Hamadi aurait cautionné l’adoption de cette motion de censure. Comment réagissez-vous à cela ?

C’est triste, vraiment triste, que des élus puissent tenir de tels propos. Hassani Hamadi ne pouvait pas appeler des conseillers et leur demander de voter une motion de censure alors qu’il a la latitude de procéder à un remaniement s’il le juge nécessaire. Je ne suis pas sûre qu’il ait tenus une telle déclaration. Dans le cas contraire,ce ne serait pas responsable.

Et votant cette motion, le conseil voulait déstabiliser l’île ; heureusement que ce n’est pas le cas. Nous sommes-là plus forts  que jamais et veillons aux intérêts de l’île de Ngazidja. Au lieu de nous accompagner dans la réalisation des projets de l’île, ils créent des problèmes inutiles. En somme, je rejette en bloc l’idée selon laquelle le gouverneur aurait cautionné l’adoption de cette motion de censure.

Parmi les motifs évoqués dans la motion de censure, il y a la mauvaise organisation de la rentrée scolaire. Plus d’une centaine d’enseignants manquent à l’appel. En tant que commissaire à la Fonction publique, peut-on dire que vous avez licencié des enseignants sans mesurer les conséquences d’une telle mesure ?

Cette décision,j’en ai bien mesuré les conséquences. Je ne l’ai pas prise sur un coup de tête.Nous espérons changer les mauvaises habitudes qui font reculer le pays. Les contractuels recrutés lors de la dernière campagne électorale se trouvaient dans une situation précaire.

Et en tenant compte de l’article 82-83 du code électoral, nous avions le droit de les licencier définitivement. Mais, nous avons pris la décision de les suspendre pour voir si réellement l’île a besoin de ces jeunes. Après des études, nous avons recruté 391 enseignants du primaire de niveau Difosi, Cap et Cae.

Parmi ces enseignants, il y a ceux qui ont été suspendus. Au niveau du secondaire, il y a eu plusieurs affectations dans plusieurs collèges et lycées. Et nous allons tenir compte de ces agents suspendus, mais le nombre dont nous avons besoin. La rentrée scolaire a eu lieu, mais il manquait des enseignants. Ce n’est malheureusement la première fois que cela se produit.

L’île de Ngazidja s’est engagéedans un bras de fer avec la société Agk au sujet du paiement de  la taxe sur la consommation intérieure. En fermant les établissements Agk, la justice vous a donné tort puisqu’elle a ordonné leur ouverture. On vous accuse donc d’avoir une dent contre une société qui emploie pourtant plus d’une centaine d’employés locaux. Que répondez-vous à cette critique ?

Les établissements Agk étaient fermés par l’île pour non paiement de la taxe sur la consommation intérieure qui revient, selon le code des impôts, à l’île. Cette taxe est prélevée sur la consommation de l’alcool et le tabac.

On n’a pas touché aux intérêts des établissements Agk, on leur demande simplement le paiement de cette taxe.Contrairement à ce que vous dites, la justice n’a pas donné tort à l’île autonome de Ngazidja. Ce sont des mesures de prévention prises par les juges lorsqu’ils ont constaté qu’il y avait des objets qui pourraient être périmés avant le dénouement de cette affaire.

 

alwatwan actu image

C’est peut être Agk qui a des problèmes avec l’île de Ngazidja. Mais nous n’avons aucun problème avec la société. Sur cette question, on ne va pas sacrifier les intérêts de l’île. Et ce ne sera pas seulement envers Agk, mais envers tout le monde. Au stade où en est l’affaire, nous n’excluons pas de procéder à un redressement fiscal.

L’opinion se pose des questions sur les nombreux voyages du gouverneur Hassani Hamadi à l’extérieur. Ses homologues de Ndzuani et de Mwali n’ont presque pas quitté leurs îles depuis cinq mois alors que lui, il en est à son troisième voyage. Comment expliquez-vous cette frénésie de voyages ?

Chacun a le devoir de gérer son île comme il l’entend pour le bien-être de la population. Et si les autres gouverneurs n’ont rien qui puisse justifier un déplacement à l’extérieur, ils ne sont pas obligés de le faire. Chacun a son plan d’actions. L’exécutif n’a pas les moyens de financer ses projets et nous sommes obligés de nous débrouiller. Si c’est son troisième voyage, la faute est au conseil de l’île. Les voyages du gouverneur consistent à trouver des financements pour les projets de l’île de Ngazidja.

Certaines compétences des communes viennent d’être transférées aux préfets. Désormais, l’île exerce peu de contrôle sur les mairies. Comment réagissez-vous à ce transfert de compétences ?

Notre constitution a bien défini les compétences entre l’Union et les îles autonomes. Et si on se limite à la constitution, il ne devrait pas avoir de problèmes. Cette question se réfère au décret qui a transféré certaines compétences des communes aux préfets.

Ce décret a fait l’objet de deux rencontres entre le président et les gouverneurs des îles au palais présidentiel de Beit-salam. Et ils se sont mis d’accord de former une commission pour étudier ce décret et certains points qui devraient être éclaircis.

Cette commission était composée de proches des gouverneurs et du président et on s’est mis d’accord que la tutelle accordée aux préfets ne serait pas applicable. Lors de la dernière session du conseil, ils ont voté une loi qui transfère certaines compétences de l’île aux communes, notamment le contrôle des écoles primaires publiques.Ce qui explique que les compétences des îles restent toujours les mêmes.

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